adaptation solo de My Country Music de Deborah Hay, 30.06.06-01.07.06 au Parc de la Villette
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mercredi 6 août 2008
andante
émis par
jean-baptiste veyret-logerias
à l'adresse
12:08
Hôtel Meurice, 28 février 2008, 15h00 : je suis en montage de spectacle dans un grand hôtel parisien qui accueille des performances pour un festival. Je ne suis pas sur la place du Palais Royal, où des artistes se sont réunis pour réagir aux larges coupes du gouvernement dans le budget de la culture. Je me prépare à jouer quand certains réclament au nom de tous des moyens de continuer à travailler. Je joue dans un endroit luxueux quand la danse contemporaine est dans la rue.
Un arrière-goût de déjà vu.
Je me rappelle 2003 avec l'annulation du festival montpellier danse et du festival d'Avignon en soutien aux actions des intermittents du spectacle face à la réforme de leur régime d'indemnisation chômage. Je me rappelle cette douloureuse question : faut-il annuler les représentations, n'y a-t-il pas d'autres moyens de se faire entendre, est-on obligé de se tirer une balle dans le pied. Je me rappelle mars 2006, je suis étudiant au cndc à Angers, on décide d'annuler le premier jour d'ouverture publique de nos travaux pour marcher contre la précarité du "contrat premier emploi" proposé par le gouvernement ; et Loïc Touzé initiant dans la manifestation des "masses" où les individus se rapprochent et se tiennent les uns contre les autres pour déposer ensemble leur poids au sol. Comme une réponse en corps à un projet de société où les indigents se contenteraient de revêtir les uniformes interchangeables que leur tendent de grands oligarques qui jouent à Playmobil. La régression est en marche en France. Et on voit les effets de ce qui se trame depuis quelques années en matière de culture, le spectacle voit tous les jours des gens quitter le métier. L'opération d'éradication du "trop d'artistes en France" fonctionne. On en dirait autant en matière de santé, d'éducation, de recherche. Et on sent le retour à un paternalisme étatique qui cherche à diviser pour mieux régner.
Alors quoi ? faire un mai 2008 après mai 68 ? ça tombe bien, c'est les 40 ans de l'événement mais, même si j'en sens l'héritage, ça ne fait pas sens pour moi. Je suis né en 1977, deux ans après la dépénalisation de l'avortement, quatre ans avant l'abolition de la peine de mort en France. A chaque époque ses questions, à chaque génération ses référents. Mais je retiens quand même de ce temps-là où je n'étais pas né que la vraie contre-force réside dans la transversalité des revendications, intergénérationnelles, interprofessionnelles, interindividuelles, pour gonfler le nombre des opposants, puisque c'est maintenant en chiffres que tout doit se dire. S'ouvrir donc à l'extérieur et regarder ailleurs, profiter de la globalisation, de la mondialisation pour en tirer avantage, faire circuler l'information, et profiter de celle que nous donnent les autres. Je fais partie d'une génération qu'on dit facilement désengagée, je me sens en tout cas engagé à chercher comment lutter contre l'asthénie dans laquelle on voudrait nous voir.
Jean-Baptiste Veyret-Logerias
avril 2008
texte commandé par la revue portugaise OBSCENA
Un arrière-goût de déjà vu.
Je me rappelle 2003 avec l'annulation du festival montpellier danse et du festival d'Avignon en soutien aux actions des intermittents du spectacle face à la réforme de leur régime d'indemnisation chômage. Je me rappelle cette douloureuse question : faut-il annuler les représentations, n'y a-t-il pas d'autres moyens de se faire entendre, est-on obligé de se tirer une balle dans le pied. Je me rappelle mars 2006, je suis étudiant au cndc à Angers, on décide d'annuler le premier jour d'ouverture publique de nos travaux pour marcher contre la précarité du "contrat premier emploi" proposé par le gouvernement ; et Loïc Touzé initiant dans la manifestation des "masses" où les individus se rapprochent et se tiennent les uns contre les autres pour déposer ensemble leur poids au sol. Comme une réponse en corps à un projet de société où les indigents se contenteraient de revêtir les uniformes interchangeables que leur tendent de grands oligarques qui jouent à Playmobil. La régression est en marche en France. Et on voit les effets de ce qui se trame depuis quelques années en matière de culture, le spectacle voit tous les jours des gens quitter le métier. L'opération d'éradication du "trop d'artistes en France" fonctionne. On en dirait autant en matière de santé, d'éducation, de recherche. Et on sent le retour à un paternalisme étatique qui cherche à diviser pour mieux régner.
Alors quoi ? faire un mai 2008 après mai 68 ? ça tombe bien, c'est les 40 ans de l'événement mais, même si j'en sens l'héritage, ça ne fait pas sens pour moi. Je suis né en 1977, deux ans après la dépénalisation de l'avortement, quatre ans avant l'abolition de la peine de mort en France. A chaque époque ses questions, à chaque génération ses référents. Mais je retiens quand même de ce temps-là où je n'étais pas né que la vraie contre-force réside dans la transversalité des revendications, intergénérationnelles, interprofessionnelles, interindividuelles, pour gonfler le nombre des opposants, puisque c'est maintenant en chiffres que tout doit se dire. S'ouvrir donc à l'extérieur et regarder ailleurs, profiter de la globalisation, de la mondialisation pour en tirer avantage, faire circuler l'information, et profiter de celle que nous donnent les autres. Je fais partie d'une génération qu'on dit facilement désengagée, je me sens en tout cas engagé à chercher comment lutter contre l'asthénie dans laquelle on voudrait nous voir.
Jean-Baptiste Veyret-Logerias
avril 2008
texte commandé par la revue portugaise OBSCENA
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